Ateliers Paul Génestin ( 1920-1929)

Ateliers Paul Génestin ( 1920-1929)

    Cette firme fut fondée en 1920 par Paul Génestin. Sa première voiture fut une automobile hybride constituée de pièces empruntées ici et là. Cette politique de montage, plus que de réelle fabrication, sera celle adoptée par la maison pendant toute sa période d’exercice. Mais comment blâmer Paul Génestin de ce choix, dicté par la raison, car il n’a pas de trésorerie suffisante pour investir dans du matériel, un bureau d’études, ou encore une chaîne de fabrication. Les premières voitures Génestin ne brillent pas par leur originalité mais se démarquent de la concurrence par leur qualité de finition, leur robustesse, leur fiabilité et le choix des différents éléments qui les composent.

   La première Génestin de compétition fut la GS8 à châssis surbaissé qui pouvait être livrée avec un compresseur. C’est une voiture ainsi équipée et pilotée par Paul Génestin en personne, qui prend le départ du Circuit des Routes Pavées du Nord, organisé le 20 septembre 1924 par l’Automobile Club du Nord de la France. Lors de cette épreuve, cyclecars, motocyclettes et autocars s’affrontent sur les 500 kilomètres de piste noyés sous des trombes d’eau, et Paul Génestin, victime d’une sortie de route dans un virage, est contraint de réparer pendant plus d’une heure une biellette de direction. Cet incident ne lui permettra pas de figurer aux places d’honneur, mais il franchira néanmoins la ligne d’arrivée, ce qui est déjà un exploit.

    Loin d’être abattu par cette première expérience, Génestin engage trois de ses voitures dans l’édition 1925 de cette même épreuve du Circuit des Routes Pavées du Nord. Parmi quelques modifications techniques, la plus grande particularité de ses nouveaux modèles est l’adoption du moteur CIME à arbre à cames en tête de 1500 cm3 qui développe 50 CH et atteint les 150 km/h. Mais à cause de la fragilité des roues à rayon RAF qui ont toutes cassées les unes après les autres, les trois voitures ont dû abandonner. Pour la seconde année consécutive, les Génestin rentrent bredouille de leur périple sur les Routes Pavées. Heureusement, les déboires sportifs de la marque n’ont aucune conséquence défavorable sur le chiffre des ventes des voitures de tourisme.

     Paul Génestin se doit d’innover pour devenir plus compétitif et c’est ainsi qu’il développe un servo frein qui démontre son intérêt pour améliorer la sécurité sur les voitures. Son système de freinage semble être parfait et les publicités de l’époque affirment qu’une voiture de 900 kg lancée à 110 km/h s’immobilise en 26 mètres, sans avoir quitté sa ligne de route. Ce servofrein est bien entendu monté sur les voitures de tourisme, mais aussi sur les voitures de sport, car il n’est pas question d’abandonner la compétition.

   Les premiers succès en course arrivèrent en 1926. Participant d’abord au premier Grand Prix des Frontières, Génestin espérait toujours inscrire son nom au palmarès des Routes Pavées. Selon lui, ce Grand Prix constituait une excellente préparation et c’est pourquoi il engagea plusieurs voitures, dont une nouvelle conduite intérieure de type G7 qui s’imposa dans la catégorie des 1100 cm3, avec en prime une seconde et troisième places pour la marque. Outre la performance sportive, cette victoire fut une porte ouverte à l’exportation des voitures Génestin en France. Trois mois plus tard, c’est encore une Génestin qui s’est octroyé le record de l’heure dans la catégorie des 1500 cm3 sur le circuit de Chimay.

     1926 est une année faste pour la marque et l’ensemble du personnel, appuyé par la ville de Fourmies toute entière, espère obtenir la consécration avec cette victoire tant attendue dans la redoutable épreuve du Circuit des Routes Pavées. L’excitation est à son paroxysme ce mois de septembre 1926 lorsqu’une Génestin franchit la première la ligne d’arrivée, après un formidable duel avec les voitures La Licorne dans la catégorie des 1500 cm3, battant par la même occasion tous les records dans cette catégorie depuis la création de l’épreuve nordique avec les 600 km bouclés à plus de 86 km/h de moyenne. À sa troisième participation, Paul Génestin a enfin gagné son pari.

    En 1929, la firme sortit la BC4, qui était une voiture de compétition dérivée du type GS8, pour laquelle était annoncé un intéressant 165 km/h dans sa version avec compresseur. C’est peut-être cette voiture que Paul Génestin envisageait d’inscrire aux 24 heures du Mans, mais son beau-fils s’étant tué au volant d’une de ses autos, le constructeur de Fourmies a alors renoncé à toute épreuve sportive. Ce fut un choix qui coïncida avec une baisse notoire des commandes.

    La petite entreprise n’étant plus en mesure de lutter contre la production en grande série et parce qu’en plus, les banques lui refusèrent toute aide, dû au difficile contexte économique, Génestin dû fermer ses portes à la fin de 1929.

   En 1934, Paul Génestin se blesse en remontant un moteur, un incident presque banal pour un mécanicien mais qui tourne cette fois ci au drame avec sa mort, vaincu par une septicémie à l’âge de 53 ans.

Publié dans : b - Paul Génestin (1920-1929) |le 11 août, 2014 |Pas de Commentaires »

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